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AGF
D'une pierre, deux coups
Par OPA Boy
Generali, en lançant son OPA sur les AGF à cette date bien précise (13 octobre 1997), a souhaité faire " d'une pierre, deux coups ".
Un peu d'histoire
En septembre 1997, François Pinault lance une OPA sur Worms & Cie. Après avoir constitué un grand pôle industriel il se dit intéressé par la constitution d'un pôle financier. François Pinault admet vouloir céder, en cas de succès, les actifs industriels de Worms et Cie : agro-alimentaire (Générale Sucrière), papier (AWA), transports maritimes (Compagnie de navigation nationale), ... Il peut espérer réaliser une plus-value potentielle sur ces cessions entre 4 et 5 milliards de francs et ainsi financer l'acquisition de la seule filiale qui l'intéresse vraiment : Athéna. Cette technique de revente des actifs non stratégiques pour financer l'acquisition est très utilisée par les raiders en général.
En octobre 1997, Soméal, la branche française de la société IFIL (famille Agnelli) et les AGF ripostent : ils lancent une contre-offre, notamment intéressés par Athéna, filiale de Worms & Cie.
A partir de la date de recevabilité de la contre-offre François Pinault dispose de cinq jours de Bourse pour surenchérir. Un délai qu'il a mis à profit pour essayer de "débaucher" les Agnelli et les familles fondatrices de Worms et Cie, qui détiennent respectivement 20 % et 22 % du groupe, en leur faisant miroiter un prix supérieur à celui de l'offre Soméal/AGF.
L'OPA qui tue
Toujours durant le mois d'octobre l'assureur italien Generali lance une OPA sur les AGF. La cotation des titres AGF est suspendue, à la Bourse de Paris, pendant la période d'examen de recevabilité de l'offre par le Conseil des Marchés Financiers.
Après une semaine de suspension le titre AGF reprend sa cotation et gagne près de 38% dans le journée.
François Pinault renonce alors à son offre sur Worms & Cie seulement un mois après le début de son offre.
Dans son communiqué, il indique que "l'offre faite par Soméal/AGF aux actionnaires de Worms et Cie est rémunérée pour partie en actions AGF. Les AGF faisant l'objet d'une OPA, la contrepartie financièrement potentiellement offerte aux actionnaires qui viendraient à l'offre de Soméal/AGF est dissociée de la valeur économique de Worms et Cie" (sic).
The End
Tout le monde sait comment cette affaire s'est terminée : Allianz est venu en tant que chevalier blanc et a ainsi obtenu les AGF et la société tant convoité, Athéna.
Mais le reste est moins connu :
Allianz et Generali se sont finalement partagés les AGF-Athéna : Allianz a obtenu les AGF, et s'est engagé à céder 70% d'AMB à Generali et Athéna a été partagé entre les deux (la plus grande part revenant aux italiens avec GPA , la Lilloise, et Proxima). Le reste de la société Worms a été partagé avec Soméal ...
Aujourd'hui les AGF et Worms sont toujours cotées sur le RM, mais comme toujours on n'a laissé que les "carcasses" aux actionnaires après que les princes de la jungle se soient servis.
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