Mise à jour du 17 juin 2000 :
Un lecteur nous envoyé le courrier suivant. Il n'est pas d'accord avec notre analyse de l'affaire Alcatel. Afin que vous aillez toutes les cartes en main, nous vous livrons ici sa version des faits.
Mail from : xxx@xxx.com
Title : Affaire Alcatel
Bonsoir,
Ayant lu attentivement votre article sur l'affaire Alcatel, je vous écrit afin d'expliquer en quoi vos conclusions me semblent erronées. Les sociétés américaines ont une ancienne tradition de communication envers leurs actionnaires et de prise en compte de leurs intérêts dans leurs décision de management, ce qui n'est pas le cas en France.
Les fonds de pension, sociétés d'investissement et grandes entreprises amércaines détiennent prés de 40 % du CAC 40 et cela fait un moment que ces investisseurs au cours de leurs réunions d'investisseurs décidaient de mettre les entreprises françaises au pas afin qu'elles adoptent de gré ou de force les pratiques américaines.
Après plusieurs avertissements donnés par les représentants des fonds de pension américains au cours de leurs rencontres avec des dirigeants français de sociétés cotées au CAC 40, il s'avérait que l'attitude des français se résumait à juste titre dans l'esprit des américains à cette formule : "les frenchies veulent bien de notre argent pour se developper et profiter de la transparence du marché américain tout en maintenant l'opacité sur leur management et dans le plus complet mépris de leurs actionnaires qui n'ont pas eu la chance de sortir d'une soit disant grande école française...".
Au cours de la réunion annuelle (Chicago) de juin 1998 des représentants des fonds de pension américains, décision était donc prise officiellement de faire plier les français
à la première occasion. Seul l'aveuglement des dirigeants français a permis l'affaire ALCATEL...
Les américains qui comme d'habitude sont toujours très bien informés ont recueillis 2 éléments contradictoires :
En juillet 1998, Serge TCHURUK publie ses résultats semestriels en forte croissance et annonce que les objectifs seront tenus sur l'année.
Le 15 septembre la S.E.C. (équivalent C.O.B. ) informe officieusement les grands investisseurs que Serge TCHURUK est en train de vendre l'essentiel de ses stocks options
alors qu'il n'est pas démissionnaire...
Les couteaux s'aiguisent du coté américain...
Le 17 septembre, TCHURUK annonce un profit warning qu'il n'avait soit disant pas décelé en juillet : incompétence ou mensonge, dans tous les cas TCHURUK est sanctionnable d'autant que les actionnaires américains pensent qu'il s'agit même d'une escroquerie au vu de l'attitude de TCHURUK.
Quelques coups de téléphones plus tard afin de coordonner leur action mise au point entre le 15 et le 17 septembre, et les investisseurs américains se chargent de punir comme
il se doit une société française emblêmatique, parfaite représentante de la mentalité française décrite plus haut.
Depuis cet exemple et cette démonstration de force des actionnaires américains, les sociétés du CAC 40 se donnent la peine de publier leurs comptes tous les trimestres (au lieu d'une fois par an auparavant), de communiquer tous les mois dans des réunions d'investisseurs et d'adopter la pratique des profits warnings en temps réel.
Au final tout le monde y a gagné sauf la suffisance de certains présidents de sociétés françaises qui en général ne doivent leur poste qu'à leur carnet d'adresse. Votre conclusion relative à une manoeuvre du gouvernement américain et à une sollicitation de leurs amis investisseurs est donc erronée et trahie une méconnaissance de la mentalité des investisseurs américains qui en aucun cas ne travailleraient pour le gouvernement fédéral et dont le seul objectif est le profit et les intérêts de leur clients, quand bien même ils seraient contraires aux objectifs de la Maison Blanche.
QUELQUES ZONES D'OMBRES...
Les pertes d'ALCATEL la veille, ne sont que l'incidence de la vente des actions appartenant à TCHURUK et des petits fonds d'investissement américains mis au courant des plans des fonds de pension géants qui ont un allégé leurs positions étant donné qu'ils peuvent moins se permettre d'importantes pertes sur un titre.
La philosophie des actionnaires américains était donc moins de stopper l'ascension d'ALCATEL que de sanctionner l'ensemble des dirigeant français en leur faisant comprendre qu'il est juste d'apporter de la valeur ajoutée aux actionnaires et indispensable de communiquer avec ces derniers qui ont investi leur confiance et leur argent.
Concernant le rachat de NEWBRIDGE, il s'agit encore d'une erreur d'analyse : lorsque la Société A achète la Société B, le cours du prédateur dégringole dans 90 % des cas et celui de la cible grimpe en flêche.
C'est parfaitement logique vu que le cours d'une action est en partie fonction de l'endettement de l'entreprise et que son endettement influe sur le P.E.R. de l'action. Autrement dit, la société A s'endette pour acheter B, alors que la société B s'associe avec une société dominante sans dépenser un franc ce qui est très bon pour elle. Après quelques temps et si la digestion de l'entreprise B par l'entreprise A s'est bien déroulée, le cours de A remonte...
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