Retour

Retour
Retour
au sommaire



Les autres
articles :

François Pinault

Manipulation du cours d'Emulex

Le Journal Des Finances

Boo.com

Alcatel

Qui contrôle qui ?

Schneider

LVMH

Elf

Louvre

AGF

Coface

George Soros
George Soros

betisier
Le bêtisier
de la finance

World Online

Fusion Matra/Hachette

Que s'est-il réellement passé ?

Par OPA Boy - 22 avril 2001



Vendredi 6 avril 2001, pour la deuxième journée consécutive, le siège de Thalès (ex-Thomson CSF) est perquisitionné. A l'origine de cette perquisition, une affaire digne des meilleurs feuilletons d'espionnage... dont l'issue n'est toujours pas claire.

Tout débute en octobre 1992, les groupes Matra (défense) et Hachette (médias) décident de fusionner. Comme dans toute fusion, les banques conseils des deux sociétés sont chargées de se mettre d'accord sur une parité d'échange, celle-ci sera initialement fixée à 11 actions Hachette contre 5 Matra le 22 octobre, puis revue par la suite à 13 pour 5 après la signature d'un contrat d'armement, revalorisant de facto Matra.

En janvier 1993, un actionnaire minoritaire de Matra décide de contester cette parité. Selon lui, celle-ci n'aurait pas prise en compte un important contrat d'armement (12 milliards de francs) signé le 19 novembre 1992 avec Taïwan (missiles air-air Mica). Ce contrat classé secret défense ne sera révélé que le 9 janvier 1993.

Jean-Pierre Malen (qui a la particularité d'être conseiller Municipal du FN) et 8 autres actionnaires décident ainsi de porter l'affaire devant le tribunal de commerce. William Lee, avocat américain, décide de le rejoindre dans son combat contre Lagardère.

Le tribunal de commerce de Paris leur donne tort en juin 1994 et la Cour d'Appel de Paris confirme ce jugement en janvier 1996. Entre temps - en décembre 1995 - Jean-Pierre Malen décide, seul, de déposer une plainte au pénal. L'intérêt d'une procédure pénale est que c'est au juge d'instruction de réunir les preuves... et qu'elle est donc gratuite.

Entre temps, M. Lagardère, actionnaire majoritaire du nouveau groupe, enquête sur William Lee. Sans mal, il découvre que M. Lee a dirigé jusqu'en 1991 le bureau parisien du célèbre cabinet d'avocat Shearman & Sterling. Certains faits restent cependant troublants, puisque ce monsieur semble avoir travaillé pour la célèbre agence de renseignement Kroll et semblait avoir des relations privilégiées avec l'ambassade américaine. A l'époque les hypothèses les plus folles courent sur les réelles motivations de cet homme: s'agit-il d'une entreprise de déstabilisation ? si oui, qui l'orchestre ? la CIA ? la société Thomson, sa rivale ?

En effet, William Lee semblerait être proche d'Olivier Lambert, directeur juridique de Thomson-CSF et serait même intervenu à Taïwan en 1994 au cours de la désormais fameuse vente des frégates.

Les deux minoritaires récalcitrants vont alors faire une erreur stratégique majeure: il semblerait qu'ils essayent de négocier la fin des procédures contre un dédomagement de 150MF. En novembre 1996, Lagardère dépose logiquement une plainte, avec constitution de partie civile, pour tentative d'extorsion contre Jean-Pierre Malen, William Lee et contre X.

Selon le Monde du Renseignement de septembre 2000, Jean-Pierre Malen a été mis en examen en mai 2000 pour "tentative d'extorsion de fonds". Selon les mêmes sources, des perquisitions auraient eu lieu chez Thomson-CSF dès décembre 1999.

Sur les autres parties de ce dossier brûlant, selon la formule consacrée, l'instruction suit son cours...


Mise à jour du 13 juin 2001 :

La nouvelle vient de tomber. A 10h52, l'AFP annonçait qu'Alain Gomez ancien PDG de Thomson-CSF (aujourd'hui "Thalès") venait d'être mis en examen dans le cadre de la plainte déposée par Lagardère pour "tentative d'extorsion de fonds" ! William Lee aurait également été mis en examen.

Quelques minutes après (11h27) une seconde dépêche AFP nous apprenait que Claude Bébéar et Henri de Castries (ancien et actuel PDG du géant de l'assurance AXA) avaient été placés en garde à vue dans le cadre d'un autre dossier. Ces deux "piliers" du capitalisme français seraient liés à une affaire de blanchiment !

Loin de nous l'idée de "piétiner" la sacro-sainte présomption d'innocence, mais si les juges commencent à fouiller les placards du monde des affaires, ça pourrait devenir amusant...


Mise à jour du 6 novembre 2001 :

Nouveau rebondissement dans l'affaire "couper les ailes de l'oiseau" (nom de code de l'opération de déstabilisation qui visait le groupe Lagardère entre 1993 et 1996).

Après la mise en examen de Jean-Pierre Malen (mai 2000), Alain Gomez (juin 2001), William Lee (juin 2001 aussi), c'est au tour de trois avocats proches de William Lee d'être entendus par la justice dans le cadre de l'instruction ouverte en 1996. Ces derniers avaient, à l'époque des faits, aidé M. Lee dans l'élaboration du dossier contre Lagardère, notamment sur le volet pénal.

Me Thierry Lévy avait notamment contacté l'avocat de Lagardère pour négocier la fin des poursuites contre le versement de 144MF, ce qui avait permis à la partie adverse de contre-attaquer en déposant une plainte pour "tentative d'extorsion".

L'épilogue de cette sombre affaire serait-il proche ?

www.paranos.com - Tous droits réservés