|
Que s'est-il réellement passé ?
Par OPA Boy - 22 avril 2001
Tout débute en octobre 1992, les groupes Matra (défense) et Hachette (médias) décident de fusionner. Comme dans toute fusion, les banques conseils des deux sociétés sont chargées de se mettre d'accord sur une parité d'échange, celle-ci sera initialement fixée à 11 actions Hachette contre 5 Matra le 22 octobre, puis revue par la suite à 13 pour 5 après la signature d'un contrat d'armement, revalorisant de facto Matra. En janvier 1993, un actionnaire minoritaire de Matra décide de contester cette parité. Selon lui, celle-ci n'aurait pas prise en compte un important contrat d'armement (12 milliards de francs) signé le 19 novembre 1992 avec Taïwan (missiles air-air Mica). Ce contrat classé secret défense ne sera révélé que le 9 janvier 1993. Jean-Pierre Malen (qui a la particularité d'être conseiller Municipal du FN) et 8 autres actionnaires décident ainsi de porter l'affaire devant le tribunal de commerce. William Lee, avocat américain, décide de le rejoindre dans son combat contre Lagardère. Le tribunal de commerce de Paris leur donne tort en juin 1994 et la Cour d'Appel de Paris confirme ce jugement en janvier 1996. Entre temps - en décembre 1995 - Jean-Pierre Malen décide, seul, de déposer une plainte au pénal. L'intérêt d'une procédure pénale est que c'est au juge d'instruction de réunir les preuves... et qu'elle est donc gratuite. Entre temps, M. Lagardère, actionnaire majoritaire du nouveau groupe, enquête sur William Lee. Sans mal, il découvre que M. Lee a dirigé jusqu'en 1991 le bureau parisien du célèbre cabinet d'avocat Shearman & Sterling. Certains faits restent cependant troublants, puisque ce monsieur semble avoir travaillé pour la célèbre agence de renseignement Kroll et semblait avoir des relations privilégiées avec l'ambassade américaine. A l'époque les hypothèses les plus folles courent sur les réelles motivations de cet homme: s'agit-il d'une entreprise de déstabilisation ? si oui, qui l'orchestre ? la CIA ? la société Thomson, sa rivale ? En effet, William Lee semblerait être proche d'Olivier Lambert, directeur juridique de Thomson-CSF et serait même intervenu à Taïwan en 1994 au cours de la désormais fameuse vente des frégates. Les deux minoritaires récalcitrants vont alors faire une erreur stratégique majeure: il semblerait qu'ils essayent de négocier la fin des procédures contre un dédomagement de 150MF. En novembre 1996, Lagardère dépose logiquement une plainte, avec constitution de partie civile, pour tentative d'extorsion contre Jean-Pierre Malen, William Lee et contre X. Selon le Monde du Renseignement de septembre 2000, Jean-Pierre Malen a été mis en examen en mai 2000 pour "tentative d'extorsion de fonds". Selon les mêmes sources, des perquisitions auraient eu lieu chez Thomson-CSF dès décembre 1999. Sur les autres parties de ce dossier brûlant, selon la formule consacrée, l'instruction suit son cours... |