Retour

Retour
Retour
au sommaire



Les autres
articles :

François Pinault

Fusion Matra/Hachette

Manipulation du cours d'Emulex

Le Journal Des Finances

Boo.com

Alcatel

Qui contrôle qui ?

Schneider

LVMH

Elf

AGF

Coface

George Soros
George Soros

D.Telekom

betisier
Le bêtisier
de la finance

World Online

Société du Louvre

La famille Taittinger et ses squatteurs

Par OPA Boy



La famille Taittinger se fait du soucis depuis quelques temps déjà.

En effet, la Société du Louvre, dont ils sont les actionnaires majoritaires (cf. schéma) , est l'archétype même de la société convoitée par les raiders : une holding dans laquelle les participations ont peu de synergies entre elles, ce qui faciliterait une revente par appartement.

Les actifs détenus sont des hôtels de prestige (Crillon, Lutétia, Martinez), des hôtels économiques (Campanile, Première classe), un pôle industrie de luxe (Baccarat, parfums Annick Goutal), et d'autres activités diverses (chauffage Deville, et de l'immobilier).

Depuis plusieurs dizaines de mois la société fait l'objet de convoitises de la part de deux personnages singuliers.

Asher Edelman : le " raider "

C'est un de ces raiders " pur et dur " comme ils ont souvent été décrits dans de nombreux livres et films. C'est un admirateur de Jimmy Goldmsith, le célèbre raider qui avait fait trembler les grands groupes américains dans les années 80 (Crown Zellerbach et Goodyear s'en souviennent encore).

On le dit expert en contentieux (sur les 40 raids significatifs qu'il a eu à mener, il admet que 12 se sont déroulés à coups de procédures). Exemple : théoriquement un actionnaire qui détient plus de 5% a le droit de demander la nomination d'un expert pour vérifier les comptes. Dans les faits ce " droit " est généralement peu usité, mais lui n'hésite pas à en (ab)user. Autre exemple : fin 1998 Asher Edelman a assigné le groupe en vue d'obtenir une expertise sur un prêt financier accordé à EuroDisney ainsi que sur les conditions de cession de la Banque du Louvre au CCF. Il conteste aussi la location d'appartements à des membres de la famille et les contrats de convention signés au sein des filiales.

" Mais pourquoi est-il si méchant ? "

Comme dans toutes les opérations qu'il a eu à mener le raider souhaite valoriser au mieux sa participation. Ceci peut passer par plusieurs éléments :

  • fusionner certaines holdings afin de réduire les décotes propres à ce type de structures.
  • céder des actifs non-stratégiques et pourquoi pas reverser le produit de la cession sous la forme d'un super dividende.

    La participation d'Asher Edelman est actuellement composée pour 50% de Certificats d'Investissements (CI), l'action n'étant pas des plus liquides ... il dispose donc d'un droit de parole limité en assemblée, mais il s'est déjà trouvé un allié.

    Guy Wyser-Pratte : l'investisseur

    Au travers de la société Hoche Participations il détient 11.5% de la holding de tête cotée (Taittinger). Ses méthodes sont moins remarquées que celle de Asher Edelman, mais il pourrait s'allier avec lui en cas d'OPA. Ils espèrent tous deux profiter des dissensions familiales pour s'imposer. La famille, qui compte une centaine de membres, est dirigée par deux patriarches : Jean et Claude Taittinger. De nombreux analystes estiment qu'un tel conglomérat de 7.500 salariés et de plusieurs milliards de francs de CA ne peut continuer à être géré de façon " familiale ".

    Un point faible : l'autocontrôle

    Asher Edelman, aidé par Sophie L'Helias (spécialiste de la défense des minoritaires) pointe un problème épineux : l'autocontrôle (cf. schéma). Via les filiales Marengo et Panorama il y a effectivement autocontrôle, cette situation est licite mais les titres en cause doivent alors être privés de droits de vote, ne pas être pris en compte pour le calcul du quorum, mais ils donnent tout de même droit à dividende.

    Pas de danger dans l'immédiat

    La société peut sembler très attirante pour un raider, mais le contrôle familial empêche - pour le moment du moins - toute OPA. La seule chose qu'il y ait à faire est de convaincre suffisamment de membres de la famille, puis lancer sur une OPA sur une des deux holdings. Quand on sait que Vincent Bolloré a mis 10 ans pour acquérir Rivaud, autre groupe familial complexe on souhaite bien du courage à nos deux hommes.

    La " galaxie " Taittinger :


    Source : L'Expansion, février 1999

    www.paranos.com - Tous droits réservés