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La mystèrieuse FPI
Par OPA Boy - 16 octobre 2001
Tout ceci était trop beau pour durer. En février 2000, nos confrères de The Economist peignent un portrait de ce "héros" national dans un article qu'ils intitulent "Creative Businessman". Ils lachent alors une petite "bombe" en dévoilant la structure de l'actionnariat du groupe. La Holding de tête du groupe, Artémis (la déesse de la chasse), serait controlée à 100% par la Financière Pinault, elle-même controllée à 74.4% par F. Pinault et sa famille, les 25.6% restant étant détenus par une mystérieuse FPI. Forest Products International. Qui se cache donc derrière cette société qui détient un quart d'un groupe aujourd'hui valorisé plusieurs milliards d'euros ? La réponse est loin d'être évidente. Il s'agit en effet d'une société néerlandaise (pays connu pour sa "souplesse" juridique et la faiblesse de ses taxes), elle-même détenue par une société domiciliée aux Antilles néerlandaises. Tout s'arrête donc ici, car les registres du commerce de ce pays ne font pas état des actionnaires des sociétés. Ces informations vont cependant être creusées par des journalistes des Echos quelques jours après. Ces derniers vont découvrir que FPI fut créée en 1977 à Amsterdam par deux holdings, le premier, Highgold, étant enregistré à Curaçao (Antilles néerlandaises), l'autre à Johannesburg. Selon le Nouvel Observateur de mars 2000, repris par le journaliste des Echos "Highgold est représenté par une société fiduciaire locale, Mido Trust & Management et un homme d'affaires John Ryan III", un proche de François Pinault (il est d'ailleurs membre du conseil d'administration d'Artémis). Les journalistes de The Economist ainsi que ceux des "Echos" pensent évidemment à une opération de fraude fiscale (on dit "optimisation fiscale" chez les avocats fiscalistes), pour des montants qui approcheraient 160 millions de dollars. Quand on voit les derniers dividendes versé par la société Artémis, on voit que les montants en jeux sont loin d'être négligeables : 728 millions de Francs en 2000 (907mF en 1999 et 375mF en 1998). Imaginez l'imposition qui en découle en appliquant le taux de l'impôt sur le revenu ! Enfin, François Pinault, déjà mis en cause par la justice américaine dans l'affaire Executive Life, est en plus soupçonné d'avoir fourni des informations erronées aux autorités boursières (la SEC) concernant la structure exacte de son actionnariat. Bref, tout ceci fait un peu tâche d'huile. Mais les choses n'en sont pas restées là. Dernier rebondissement en date : Le Parisien du 12 octobre 2001 révèle que plusieurs anciens salariés de PPR ont porté plainte contre François Pinault. "Cette plainte porte sur un certain nombre de faits laissant apparaître des comportements délictueux, notamment de nature fiscale" explique l'avocat de l'association. Le parquet, qui n'est pas compétent sur des sujets de fraudes fiscales, aurait transmis le dossier au fisc français. Qui sont ces salariés qui viennent "bousculer" ce pilier du capitalisme français ? Pourquoi ces attaques alors que le délai de prescription concernant les affaires fiscales est de trois ans ? S'agit-il d'un ultime coup bas de LVMH suite à leur différent sur le dossier Gucci ?
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