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Opéable ou pas ?
Henri Lachman, président de Schneider Electric depuis février 1999, a donné une interview à La Tribune, publiée le 25 octobre 1999. Extraits.
Journaliste : " Schneider reste cependant opéable ? "
Il faut savoir que Schneider - comme la plupart des grands groupes français cotés - a un capital plutôt éclaté (le flottant représente environ 2/3 du capital). Des rumeurs de marché annoncent régulièrement que Schneider intéresserait ABB, Invensys ou même Siemens. La question du journaliste est donc pertinente, mais Lachman qui croît avoir " noyé de poisson " voit le journaliste revenir à la charge :
Journaliste : " Avez-vous un dispositif anti-OPA à activer en cas de besoin ? "
Et c'est là que le bât blesse : Schneider Electric dispose dans ses statuts d'une poison pill (pilule empoisonnée) à l'article 19 : tout actionnaire venant à détenir plus de 10% verrait ses droits de vote limités à 10% (s'il détient des droits de vote double la limite serait de 15%). Cette mesure prenant fin dès que l'actionnaire détiendrait les deux tiers du capital. Ainsi, un actionnaire ayant 66% du capital n'aurait droit qu'à 10% des droits de vote, mais s'il venait à détenir 67% il aurait 67% de droits de vote ! Cette défense est utilisée par un certain nombre d'entreprises françaises, comme on peut le voir dans le tableau suivant :
(*) : avant tous rapprochements
Cette disposition a été prévue dans le but d'empêcher un actionnaire minoritaire de prendre le contrôle de la société en achetant seulement 20% ou 30% des actions sur le marché. Cependant Schneider a constitué un noyau dur d'actionnaires stables (AXA, Société Générale, Paribas, AGF, CDC, employés, ...), qui rend quasiment impossible l'obtention des 66.67% nécessaires pour prendre le pouvoir. Que penser de tout cela ? M. Lachman perd-il la mémoire ou cherche-t-il juste à faire monter le cours de son action ? En effet, son annonce a deux conséquences : Cette information est inédite pour la simple et bonne raison que les journalistes financiers ne regardent pour ainsi dire jamais les statuts des sociétés. Mais peut-on les blâmer quand même les investisseurs d'une taille conséquente ou les analystes financiers font la même erreur ? Ainsi, Schneider est régulièrement citée parmi les sociétés opéables et son cours s'enflamme de temps en temps quand une rumeur d'OPA " traîne " sur les marchés et je suis près à parier que cela continuera encore longtemps !
Selon Les Echos du 09/05/2000, Schneider vient de mettre en place des défenses anti OPA... mais www.paranos.com le disait depuis longtemps déjà ! En revanche, toujours rien sur la fameuse poison pill qui limite les droits de vote. Il va bien falloir que quelqu'un pense à leur dire.
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