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Comment finira ce mauvais film catastrophe ?
Par Ema Nymton - 25 septembre 2001
Qui est le coupable ? Les Etats-Unis pouvaient-ils éviter une telle catastrophe ? Bush arrivera-t-il à situer l'Afghanistan sur une carte du monde ? Nous vous livrons quelques éléments de réponse à ces angoissantes questions. == For the last time, this is not WAR ! == N'en déplaise à M. George Bush, dont les propos ont été très largement repris par les magazines français, il ne s'agit pas d'une guerre. Il ne s'agit pas de combattre une nation entière, l'ennemi n'étant pour le moment même pas identifié correctement. L'idée de "guerre" permet surtout de mobiliser l'opinion publique (on va faire la guerre à la pauvreté, au chômage, au terrorisme...). == "Wanted. Dead or Alive..." ==
Ben Laden a tout du coupable idéal. Qui est donc ce mystérieux personnage, dont tous les médias de la planète ont fait l'incarnation du démon ? Avant tout, rappelons que cet homme, que le Cowboy à la tête des Etats-Unis veut "Mort ou vif" selon la formule consacrée, a été formé par les Etats-Unis. Plus précisement pour combattre les soviétiques en Afghanistan, durant la guerre froide. C'était à cette belle époque où les américains combattaient avec "vigueur" tout ce qui se rapprochait de la couleur rouge. L'époque où ces mêmes américains finançaient les "contras" en Amérique Centrale pour renverser les gouvernements communistes. Certaines mauvaises langues ont même été jusqu'à dire que la CIA aurait introduit la cocaïne dans les ghettos noirs pour financer et armer ces fameuses "contras". == CIA, NSA : THE big failure ? == C'est un point crucial. Les agences gouvernementales ont-elles failli ? Oui et non. Beaucoup de gens ont, par exemple, remis en cause l'efficacité des "grandes oreilles" d'Echelon et autres systèmes d'interception. Mais tout n'est pas si simple. Les Etats-Unis pourraient ainsi avoir déjà repéré l'ennemi public depuis un certain temps, s'abstenant de toute intervention armée. Pourquoi cela ? Jusqu'il y a quelques jours, les Etats-Unis n'avaient AUCUN intérêt à arrêter ce cher M. Ben Laden. En effet, une intervention en territoire pakistanais ou afghan aurait entrainé à coup sur une hausse incroyable du prix du brent, avec toutes les conséquences que l'on imagine sur l'économie mondiale (elle n'avait pas besoin de ça, la pauvre). De plus, ce cher monsieur vit surement dans un bunker "sur-protégé" et une intervention armée aurait ainsi été doublement risquée. Deuxième chose : les agences de renseignement ont-elles espionné les bonnes personnes ? Le gros défaut d'Echelon, qui a été souligné par de nombreux experts, provient non pas de l'interception, mais du traitement de l'information reçue. La difficulté d'intercepter de telles conversations a été augmentée par le fait que l'organisation terroriste en question semble être assez décentralisée, avec plusieurs points d'ancrage en Europe (notamment en Allemagne et en France). == So what's up now ? == Voici, en guise de conclusion, notre pronostic concernant cette triste affaire. Il paraît évident qu'avec les énormes moyens, tant financiers qu'humains, qui ont été mis en place après les attentats, la découverte de la cache de notre homme n'est qu'une affaire de jours (si elle n'a pas déjà été découverte). Depuis les attentats - et peut-être déjà avant - des satellites espion doivent être en train de surveiller les différentes caches de Ben Laden. L'intervention armée demandera, quant à elle, surement plus de temps, les Etats-Unis ne voulant pas s'embarquer trop rapidement dans un Viet Nam "bis". Une intervention dans les montagnes afghannes serait en effet des plus risquées, et Bush ne peut pas se permettre perdre la guerre de l'image.
Nous assistons actuellement - impuissants - à ce que nous redoutions : sous le prétexte de mieux surveiller les terroristes et autres criminels, de nombreux pays sont en train de faire voter des lois autorisant une surveillance accrue de leurs citoyens.
Après les "grandes oreilles" d'Echelon et la "boîte noire" placée chez les ISPs américains (Carnivore), Reporters Sans Frontières révèle que le 13 septembre dernier, le Sénat américain a voté un texte qui a permis au FBI d'installer chez des fournisseurs d'accès des systèmes permettant de surveiller la circulation des messages électroniques pendant une durée de 48 heures, sans qu'un juge ait à délivrer de mandat. Ce texte, intitulé "Combating Terrorism Act", aurait été adopté par le Sénat au terme d'un débat d'une demi-heure.
La France n'est évidemment pas en reste avec sa LSI ("Loi sur la Société de l'Information"), toujours en préparation, et qui comprendrait notamment un volet sur la "coopération" des fabricants de logiciels de cryptage. Pour plus d'info sur ce sujet, nous vous renvoyons chez les "résistants" de LSIJolie.
En parallèle à la "guerre contre le terrorisme" annoncée en fanfare par George W. Bush, se déroule actuellement un affrontement à l'échelle planétaire pour savoir ce que sera l'Internet de demain.
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