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George W. Bush

Quelle politique militaire pour la nouvelle administration Bush ?

Par Ema Nymton - 27 mars 2001



Tout est parti de ce projet de bouclier antimissile (National Missile Defense - NMD). En ressortant des cartons ce projet de plusieurs milliards de dollars, les Etats Unis ont rouvert une plaie vieille de plusieurs dizaines d'années (Ronald Reagan s'était engagé dans un projet similaire dans les années 80, répondant au doux nom de code de "Star Wars").

Tous les efforts de négociation et de conciliation de ses prédécesseurs avec la Russie ont été anéantis - ou presque. Les Russes ont évidemment peu apprécié ce geste qui annonçait le retour d'une course à l'armement et des fameuses politiques de dissuasion.

George Bush commentait récemment un contre-projet présenté par une délégation russe : "leurs propos indiquaient qu'ils reconnaissent l'existence de nouvelles menaces dans la période d'après-guerre froide, menaces qui rendent nécessaires l'installation de systèmes de missiles antibalistiques. J'ai trouvé leurs commentaires encourageants".

Notez qu'il parle "d'après-guerre froide", une notion dont on n'avait plus entendu parler depuis bien longtemps...

La Russie n'est pourtant plus l'ennemi numéro un, et ce, depuis longtemps déjà. Tous les experts s'accordent à dire que les seuls véritables menaces provenant de ce pays sont :

  • le risque qu'une arme défectueuse se déclenche toute seule,
  • la corruption qui fait que certaines armes sensibles se retrouvent entre de mauvaises mains (cf. l'affaire des mallettes nucléaires qui se "balladaient" en Europe)

    Cette erreur de compréhension de la géopolitique actuelle ne laisse rien présager de bon. Les Etats Unis ont historiquement déjà suffisamment de pays "ennemis" pour ne pas ressortir les vieux démons du passé.

    Afin de définitivement clore toute relation avec les russes, George Bush n'en est pas resté là : il a récemment expulsé 4 diplomates russes accusés d'espionnage... rapidement rejoints par 46 autres ! Les russes qui ne voulaient pas rester en reste de cette "PNG War" (Persona Non Grata), ont expulsé quatre diplomates américains... pour les mêmes motifs !

    Et comme si s'attaquer à la Russie ne suffisait pas, George W Bush semble vouloir aussi se mettre à dos la Chine (s'agirait-il d'une réaction primaire à tout ce qui a été "rouge" un jour ?).

    Après quelques critiques d'usage sur la répression des droits de l'Homme (un représentant du Congrès américain a déposé une résolution visant à interdire à la Chine l'organisation des JO de 2008 en raison des manquements graves aux droits de l'Homme), les Etats-Unis ont accusé certaines entreprises chinoises d'avoir aidé l'Irak à renforcer ses défenses aériennes contrevenant ainsi aux sanctions de l'ONU.

    Enfin, les Etats Unis affichent sans complexe leur soutien à Taïwan en leur vendant des armes de pointe... et vont même jusqu'à leur offrir la protection de leur "bouclier".

    Ces deux situations parallélles s'enveniment de jour en jour. Qui peut dire comment vont réagir ces deux nations, dont la puissance est loin d'être négligeable ?


    Mise à jour du 08 avril 2001 :

    EP-3 Aries II

    Le 1er avril 2001, un avion de reconnaissance américain EP-3 Aries II est entré en collision avec un chasseur F-8 chinois.

    La Chine a immédiatement réclamé que les Etats Unis fassent des excuses publiques et endossent l'entière responsabilité de l'accident. Ces derniers ont fait un premier pas en exprimant le 5 avril 2001 leurs regrets pour la mort d'un des pilotes chinois.

    Les enjeux à court terme d'un tel incident sont nombreux:

  • L'avion américain conservé par les chinois coûte très cher... plus de 60 millions de dollars !

    EP-3 Aries II

    Les américains ont très vite exigé que ce bijou technologique leur soit remis au plus vite.

  • L'équipage américain est toujours détenu en Chine. Les américains, qui gardent ecnore en mémoire l'affaire des otages en Iran (1980), risquent de ne pas supporter longtemps cette situation.
  • Les médias chinois expliquent que ce n'est pas la première fois que les américains venaient les narguer. Cette information est évidemment à prendre avec beaucoup de précaution, mais on ne peut s'empêcher de penser aux similitudes avec l'accident du Koursk.
  • Enfin, le Japon a définitivement rompu de sa "neutralité" militaire en prêtant sa base de décollage d'Okinawa à l'avion américain EP-3.

    A long terme, les enjeux politiques et économiques d'une telle affaire semblent impossible à prévoir...

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