Retour
au sommaire
Les autres
articles :
Otages du Liban
Attentats aux USA
FSB
Alfred Sirven
Sous-marin Koursk
Sealand
La NSA
La CIA
Blanchiment de
l'argent sale
|
L'affaire Canard Enchaîné
La Watergaffe
Par Ema Nymton
Le 03 décembre 1973 au soir, un dessinateur et administrateur du journal passe devant le futur siège du Canard Enchaîné, au 173 rue St Honoré. Il apperçoit de la lumière et décide d'aller voir quel journaliste fait du zèle dans cet immeuble pas encore fini, à cette heure tardive.
Il surprend alors plusieurs hommes occupés à "sonoriser" les futurs locaux du journal. Ces derniers s'empressent de prendre la fuite, mais le mal est fait.
Le Canard va alors mettre à jour l'opération Palmes, commanditée par la DST. Le journal va publier comme à son habitude un certain nombre de détails croustillants (nom de la division de la DST, nom de la section technique qui s'est chargée des écoutes, noms et prénoms des commissaires et inspecteurs chargés de cette opération).
Le procès qui a suivi cette affaire mériterait à lui seul un livre :
Le Canard dépose une plainte pour "atteinte à la vie privée" et "violation de domicile".
Fin décembre 1976, le juge d'instruction déclare un "non-lieu" ... Ils n'ont tout d'abord pas retrouvé les auteurs de l'effraction. De plus, le bureau étant alors inoccupé il n'y avait pas à proprement parler de "domicile" et les conversations qui auraient pu s'y tenir ne pouvaient être que "professionnelles et non privées" (sic).
Le Canard fait appel de cette décision, mais, en juillet 1977, la Cour d'Appel confirme le premier jugement.
Le Canard se pourvoit alors en Cassation. La Cour de Cassation casse alors l'arrêt de la cour d'Appel pour un vice de forme dans le dossier.
Le dossier est donc renvoyé devant la Cour d'Appel d'Amiens, qui estime qu'il y prescription sur les faits.
Un ultime pourvoi en Cassation viendra clore ce dossier brûlant en février 1980.
On ne peut s'empêcher de se poser des questions sur l'indépendance des magistrats de l'époque ...
Les écoutes étaient vraisemblablement l'oeuvre de la DST, qui en avait marre de ce palmipède qui semblait avoir des informateurs dans les plus hautes sphères de l'Etat. Mais une fois de plus, il semble que le pouvoir en place ait réussi à étouffer plus ou moins bien cette affaire.
Pour de plus amples informations sur cette affaire et bien d'autres on pourra se reporter à l'excellente publication : Les Dossier du Canard n° 28 : Espionnage - Le Polar et la Manière, juin-juillet 1988
www.paranos.com - Tous droits réservés
|